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mercredi 21 février 2018

Mennel Ibtissem, Rokhaya Diallo : erreurs de casting ou dangereuse normalisation des fractures communautaires ?






Facho, raciste, islamophobe, nazi feminazi ou encore suppôt des blancs, négresse de maison, beurette de service, harki, traître à ton peuple" sont des insultes que vous pourriez recevoir si votre avatar sur les réseaux sociaux permet de savoir que vous êtes de “race arabe” ou “race musulmane” comme disent certains qui, après avoir cherché à lutter contre une hiérarchisation des “races” ont fini par en inventer une nouvelle.


C’est un champ de mines idéologique que nombreux tentent de traverser depuis l’affaire de Mennel Ibtissem. Le challenge se révèle dur à relever pour les novices ou non qui voudront prendre la parole. Les trolls prompts à coller des étiquettes et adeptes du cyber-harcèlement les attendront au tournant, le doigt sur la cliquette prêt à vous signaler en masse auprès du réseau social afin de vous réduire au silence pour quelques heures au mieux, à jamais au pire.



D’autres profitent de ce silence pour se rendre omniprésents dans les médias, devenant seuls porte-parole d’une communauté que l’on réduit à un bloc monolithique. La bienveillance fait énormément de tort à la prise en compte de paroles plurielles, car elle s’associe à l’idée, assez empreinte de stéréotypes, qui empêche d’envisager un musulman ou une musulmane comme une personne singulière et non l’exemple type de ce que pensent “les musulmans”.
Les courants religieux conservateurs sont nombreux, et leur réponse à ce que recherchent leurs fidèles n’y est pas étrangère. La liberté de conscience, qui comprend la liberté religieuse, permet aux français de choisir le culte qui leur convient. Néanmoins, en France seul le néoconservatisme islamique trouve autant de relais en dehors de ses propres fidèles.  
Toujours au même rythme, des tribunes, des prises de parole à la télévision, nous proposent la même soupe réchauffée, elle a un goût insipide mais assez familier.  Les mêmes têtes proches des mêmes associations, les mêmes débats et surtout les mêmes procès d’intention.

La polémique entourant la candidature de Mennel donne comme une impression de déjà-vu, évoquant celle qui aura suivi l’éviction de Rokhaya Diallo du Conseil National du Numérique par le gouvernement. Encore une fois, il y avait un camp du bien, un camp du mal sans aucune zone de rencontre partagée.  
Dès que l’on se décide à prendre la parole sans réciter des prises de position apprises par coeur, il faut choisir entre garder sa dignité à défaut de pouvoir sauver sa réputation, protéger son anonymat en cas de confrontation à la horde de trolls qui sévit ou encore échapper à l’assignation à résidence doctrinale.

Nous pouvons souhaiter à Mennel de faire une belle carrière, loin de cette polémique, cependant nous ne pouvons pas nous réjouir de voir qu’encore une fois la voix des autres composantes de l’islam en France a été réduite au silence par ceux qui s’érigent en défenseurs des libertés grâce à un tribunal moral pour faute grave : l’alliance avec l’extrême droite.

Le procès pour association avec l'extrême droite

Dès le retrait de Mennel, qu'elle annonce dans un message émouvant destiné à ses fans, un procès débute pour participation à la campagne raciste dont elle aurait été victime.
Le nombre de tweets échangés est impressionnant. Le soir de l’émission plus de 150 tweets parlent de sa prestation, 96 % plébiscitent Mennel, sa voix, l’émotion qu’elle suscite, il y a même une dizaine de demandes en mariage. Le 4 février, AJ+ lui consacre un sujet qui comptera près de 1500 retweets et plus 2300 likes, en revenant sur le fait qu’elle ne soit “pas passée inaperçue”, et que si certains “n’ont retenu que son turban, c’est bien la voix de Mennel qui a conquis le jury”. La vidéo montre la religieuse gagnante de The Voice Italie et une participante musulmane voilée de The Voice Belgique,  en indiquant que c’est la première fois qu’une candidate de l’émission couvre ses cheveux en France. Ce court sujet d’AJ+ se termine sur une longue pause sur  la copie d’écran d’un tweet disant que “si le Printemps Républicain, Wauquiez et  le FN  ne s’en mêlent pas, elle va gagner” The Voice.
Suite aux informations tweetées le 4 février concernant ses anciens posts, plus de 3000 tweets débattent de son inclination pour les thèses conspirationnistes, notamment pour en  démontrer la banalité, ce qui n’est guère surprenant. Plus de 3000 tweets sont émis pour la soutenir ou affirmer qu’elle est victime de racisme (et cela dépasse les 14000 tweets après l’annonce de son retrait), et son message indiquant que sa “musique continuera d'exister et sera d’autant plus émouvante après ces événements” a reçu plus de 9000 likes, contre 331 retweets pour un tweet l’accusant d’être un “agent de propagande” et près de 670 pour se réjouir ou crier “victoire” suite à son retrait de The Voice.
En revanche plus de 3000 tweets s’inquiètent simplement de ses liens avec l’islam radical et les Frères Musulmans.

Les tribunes s’enchainent et même un article pointant des utilisateurs de Twitter qui auraient « participé à la polémique » avec la fachosphère.
Les détails de cette participation s'effacent devant la gravité morale d'une telle alliance : le choc face aux anciens propos de la jeune femme, l’inquiétude de voir les idées de prédicateurs néoislamistes rencontrer un engouement, « faver» un tweet de Conspiracy Watch donnant des informations, sont aussi condamnables que des attaques racistes et des insultes. Captures d'écran à l'appui ou non, les utilisateurs de Twitter incriminés, notamment des membres ou sympathisants du Printemps Républicain, reçoivent des messages insultants ou menaçants.
Citer Mennel Ibtissem devient plus grave que ses propos que l'on est sommé de mettre sur le compte de la jeunesse, ce que beaucoup de personnes pourraient comprendre, tant il est courant de se remémorer avec effroi ou humour les prises de position et engagements que l'on a eus à 20 ans.
Or, parmi les propos échangés, ceux d'autres musulmans tentent pourtant d'apporter une parole sur les idées des Frères Musulmans, leur omniprésence dans les médias et les contenus web que visionnent de jeunes français. Ce que des catholiques ou des baptistes pourraient faire en débattant des idées véhiculées par d'autres courants de leur religion, est rendu impossible pour les musulmans.

Pris au piège de cette disqualification pour alliance avec l'extrême droite, les musulmans qui tentent d'aborder la stratégie propagandiste de l'idéologie frériste ou salafiste, se découvrent « islamophobes », des « traîtres à leur peuple ».
Il y a une démarche attendue, solidaire vaille que vaille et protectrice face au racisme, dont la menace est permanente. Le racisme, qui est loin d'être éradiqué en France, peut ainsi devenir la carte de fin de débat, qui peut être gardée dans sa manche et utilisée sans limite en toutes circonstances.
Pire, la bienveillance systématique qui anime certains médias et personnalités aboutit à un paradoxe étonnant : la critique, la question, ne sont pas permises lorsque le sujet est lié à une personne issue des minorités, et ce même pour d'autres personnes issues de ces minorités, qui ne sont en revanche pas du tout ménagées dès qu'elles mènent une autre démarche que la loyauté communautariste « ethnique » ou religieuse. Leurs voix sont étouffées par cette bienveillance dont les identitaires communautaristes savent très bien abuser pour museler le débat.

Le fameux militantisme intersectionnel n’est d’aucun secours pour répondre à cette difficulté. C’est le moment où l’on tombe dans l’angle mort des causes communes. Personne ne veut pointer les choses qui dérangent et qui pourraient faire de l’ombre au mouvement global. Ce que l’on passe sous silence ne disparaît pas, loin s’en faut.

Une stratégie de neutralisation du débat qui fait aussi ses preuves ailleurs

Ce n’est pas un problème typiquement français. Malgré les différences majeures entre nos deux pays, aux Etats-Unis, Linda Sarsour, activiste musulmane née à Brooklyn, est passée maîtresse dans l’art de neutraliser le militantisme universel. Devenue omniprésente de nombre de causes défendant la justice sociale et les droits des femmes, elle en profite pour élargir la portée de ses revendications et de ses points de vue liés aux Frères Musulmans.
Elle a notamment indiqué que la charia était tout à fait raisonnable une fois que l’on en connaissait les détails, s’est moquée de la préoccupation de certaines américaines autour de la possibilité pour les femmes saoudiennes de conduire, étant donné qu’elles bénéficient de 10 semaines de congé de maternité, ce que les américaines n’ont pas.
Linda Sarsour se retrouve régulièrement au coeur de polémiques qui ont poussé de plus en plus de personnes à se désolidariser et à la nommer “fausse féministe”. Récemment le hashtag #YoudontspeakformeLinda (Linda tu ne parles pas en mon nom) a comptabilisé 6000 tweets désapprouvant ses propos lors de la Women’s March, mouvement fédérant des femmes américaines qui s’est constitué en réaction à l’élection de Donald Trump.
Au moment de la publication de témoignages #MeToo sur les réseaux sociaux, celle qui dit qu’avant, elle était une femme ordinaire, mais que depuis qu’elle porte le voile on sait qu’elle est musulmane, a récemment montré l’aboutissement du cloisonnement communautaire au profit des hommes orientaux : confrontée à un cas de harcèlement sexuel, elle aurait refusé d’aider la victime présumée, une jeune femme musulmane, et menacé de mettre sa carrière en péril car elle estimait que l’homme incriminé était un “bon musulman”, qui est désormais l’objet d’une investigation par la police de New-York.
Une fois que le verrou communautaire se referme, il appartient à la communauté d’y faire régner l’ordre et la loi selon ses propres codes comme le recommande, en France, la fondatrice du PIR Houria Bouteldja, qui expliquait notamment qu’il est normal qu’une femme noire ne porte pas plainte pour viol si l’auteur est un homme noir, afin de préserver la communauté noire. Un système de droits à la découpe, que nous n’aurions jamais pensé réalisable, se profile dans des pays où l’éventail des lois et la notion d’égalité des citoyens existent, malgré des imperfections très notables.

Au Canada aussi le politiquement correct et l’individualisation outrancière des droits créent d’étranges paradoxes. À force d’ériger les choix et libertés individuelles en droits fondamentaux, ce qu’ils ne sont pas toujours, les droits fondamentaux s’érodent, et c’est ainsi qu’il devient controversé de lutter contre l’excision, qui ferait partie de la culture inaliénable de certaines personnes. Si c’est au nom de la culture et de la religion, mutiler ne serait plus un crime et s’y opposer deviendrait la marque du racisme ?

Tout le monde s'empare du turban de Mennel, mais dans quel but ?

Étrangement, pendant que toute critique de Mennel est assimilée à une adhésion aux idées d'extrême droite, Alain Soral lui apporte son soutien. Après plusieurs condamnations liées à de l'antisémitisme ou du négationnisme, Soral serait soudain très engagé contre le racisme pour soutenir une jeune musulmane. À moins que cela ne cache un autre objectif en entretenant un raisonnement d'opposition binaire entre juif et musulman ?
Le site d'information subversive et complotiste Alterinfo, qui tout comme Soral fait toujours d'une obsession pour le "lobby sioniste" une base informative, soutient aussi Mennel. Elle est comparée à Amir, gagnant de The Voice de confession juive, pour démontrer une différence de traitement, un "deux poids deux mesures". De même, les sites comme librepenseur.org, ou encore Panamza, défendront la chanteuse avec cet argument.
Pas de référence à Slimane, qui a chanté en arabe comme l'a fait Mennel, lors d'une interprétation mémorable de Formidable de Stromaé. Ni d'allusion aux autres gagnants issus de minorités.

Tout cela nous fait voir la polémique autour de Mennel comme le signe d’un danger qui n’est en rien “un acharnement” comme le résument certains. Ni une simple manipulation des écrits de la jeune fille, manipulation motivée par la haine des arabes et des musulmans comme d’autres le disent.
Le “Camp Mennel” est unanime : si ce n’était pas pour les propos qu’elle a tenus à “15, 16 ans” comme on a pu entendre Leila Slimani le dire au micro de France Inter (et à qui donc nous rappellerons qu’elle était âgée de 20 ans), l’histoire se serait arrêtée là et Mennel aurait certainement gagné The Voice 2018… Vraiment ?


Laissez nous vous dire que nous ne l’espérons pas, pas qu’elle ne gagne pas, non. Bref, nous nous expliquons.

Si la candidature de Mennel a réveillé les trolls et têtes d’affiche prévisibles de la fachosphère qui se sont exprimés ici et là, animés par leur racisme et musulmanophobie, pour crier grand remplacement !, nous espérons que « cette histoire » ne se sera pas réduite à l’attaque raciste subie par une jeune française qui ne demandait qu’à chanter. En s’attachant à décrire une meute de loups agissant de façon unanime et coordonnée pour s’en prendre à Mennel, ce raisonnement fait habilement oublier les raisons pour lesquelles tant de personnes, et quelles personnes, ont débattu des ses posts controversés et de sa participation à The Voice.

Des gens ordinaires, mais aussi des féministes, des universalistes, des laïcs ont fait remarquer que l’on banalise le voile en le rendant cool et mode ou en le faisant passer pour un marqueur de féminité puis un outil de séduction comme l’aura martelé Rokhaya Diallo sur différents plateaux TV ou radio.
Mennel, une chanteuse de variétés, qui pourrait devenir une idole de la jeune génération porte le voile islamique à la Télévision, en France.
C’est une première !
Tout comme Rokhaya Diallo, Mennel Ibtissem entend rassembler le public autour d’une stratégie de division et de cloisonnement qui utilise le tissu comme frontière communautaire et vise à le rendre intouchable.

Dans un tweet récent, Philippe Marlière, poste un article datant de 2016 dans lequel l’historienne américaine JOAN W. SCOTT titre “Cette étrange obsession française pour le voile”.
Bien que l’envie de leur répondre que les Etat-unis, terre des crispations communautaires et de l’obsession pour la catégorisation raciale n’a aucune leçon de tolérance à donner à la France,- c’est court, ça clot aussi vite le débat que la carte de l’islamophobie et en plus dans ce cas, c’est juste-, oui, bien que l’envie soit là, nous allons plutôt expliquer en quoi cette exception française nous rassure.

Tout d’abord, dans l’éventail des lois françaises, le voile n’est pas plus stigmatisé que d’autres signes religieux. En s’attachant à l’idée qu’il est sur une femme, et qu’on ne doit aucunement porter atteinte à la dignité de cette femme, les néoislamistes et les antiracistes radicaux ont fait le tour de passe passe de le rendre indispensable. Une femme est fragile, elle a besoin d’être respectée, pourquoi ne pas lui permettre ce qui ne l’est pas aux autres ?

En se laissant peu à peu déborder par les revendications identitaires communautaires, le voile, comme le halal, devient un droit (ou un devoir ?) fondamental qu’il faut honorer absolument pour être conforme à l’affirmation de pays des droits de l’Homme.

Les barrières doivent tomber, quelles qu’elles soient, peu importe pourquoi elles sont en place. On ne distingue plus les discriminations qui tombent sous le coup de la loi des restrictions légales qui concernent tout autant les autres signes religieux. Ecole publique, contraintes professionnelles des milieux industriels ou du domaine de la santé, etc. : rien ne doit résister au voile, sinon c’est l’expression d’un racisme, d’islamophobie ou d’une résurgence coloniale comme l’aura tweeté Madjid Messaoudene, conseiller municipal, élu FG de la ville de Saint-Denis en charge de l’égalité femme / homme : “Le dévoilement des femmes musulmanes, révélateur d'une mentalité de colon” mais faut-il lui rappeler qu’historiquement, c’est bien un colon qui a voilé les femmes ?
Leila Babès, islamologue et auteure de “ Le voile démystifié” (ed. Bayard), s’est exprimée - indépendamment de l’affaire Mennel au sujet du voile islamique “Que les choses soient claires. Le voile n'est interdit que dans certains lieux (pour travailler dans les institutions de l'Etat). Mais pour autant qu'il soit indifférent que des femmes l'arborent dans l'espace public, il n'a jamais été, ni un droit, ni même une liberté !” Et nous ajouterons,  “encore moins une injonction divine”.


Les théologiens musulmans dont l’avis vaut la peine d’être écouté, prônant donc un Islam compatible avec la République, sont unanimes, le voile n’est mentionné nulle part dans le Coran. L’université d’Al-Azhar, plus grande université au monde, bastion des Frères musulmans, les a d’ailleurs rejoints sur cette question en validant le 02/07/2017, la thèse de doctorat de Moustafa Mhammad Rached sur le voile islamique.

Dr. Moustafa conclut que le voile est “plus une habitude qu’une obligation religieuse qui n’a d’islamique que «les bonnes intentions» de ceux qui défendent son port”.

Au nom de l’intersectionnalité, du sanglot de l’homme blanc et du féminisme musulman c’est à dire le féminisme approuvé par les imams et les néoislamistes, nous pourrions nous contenter de dire que ces “bonnes intentions” consistant à invisibiliser les femmes afin qu’elles s’évitent un viol au coin de la rue ou en allant aux toilettes comme au 7ème siècle, ces “bonnes intentions” consistant à draper les femmes de vertu pour les différencier des salopes qui l’ont “cherché, mérité”, qui “savent qu’elles le veulent”, ces “bonnes intentions” consistant à marquer d’un voile la femme libre à ne pas importuner par opposition à l’esclave, qui est “montable” n’importe où et n’importe quand, ces “bonnes intentions”, nous en avons besoin en France autant que de la peine de mort, c’est à dire pas du tout mais que ce qui se passe ailleurs, ne nous concerne pas et que nous n’avons aucune légitimité à le commenter, cela serait raciste !

Mais nous ne sommes pas des intersectionnels, ni de la fachosphère de droite ou islamiste, ni de la gauche-régressive. Nous refusons ces « bonnes intentions » paternalistes pour nous mais aussi ailleurs car nous refusons l’hérésie qui consiste à valoriser la différence religieuse aux dépens de l'humanité qui nous lie.
Nous témoignons donc de notre soutien inconditionnel, d’abord aux femmes qui luttent  contre les reliquats de la société patriarcale dans leurs pays et les abus qu’elles subissent de la part de leurs communautés, ensuite aux hommes qui les épaulent, nous souhaitons que partout, à terme, jamais plus des femmes ne soient prisonnières d’autrui ni d’une pensée rétrograde d’elles-mêmes.
Détourner le regard de leur combat car leur culture, leur couleur, leur pays ne seraient pas les nôtres, n’est-ce pas là le racisme ?

Le voile est arboré par obligation, militantisme islamiste ou endoctrinement, il est une véritable assignation à résidence identitaire. Il sert encore plus à marquer une séparation dans un pays où il n’est pas imposé par la loi. Il est une adhésion à la Oumma censée transcender les frontières et les nationalités .
Dans des milieux communautaires pratiquants, couplé avec le désir ou l’injonction de ne pas se "mélanger aux associateurs ou aux mécréants", il devient une mise au trou du fatalisme et du déterminisme desquels l’on ne voudra ni ne pourra se dépêtrer.

Sahîh Muslim rapporté par Abou Hourayra : le messager de Dieu a dit "Ne saluez pas les juifs et les chrétiens avant qu’ils ne vous saluent et quand vous les rencontrez sur les routes, forcez-les à passer sur la partie la plus étroite". "5389"

Des femmes peuvent tout à fait se faire l’écho de cette assignation à résidence identitaire.
S’il a été lancé par les Frères Musulmans pour impliquer les femmes et donner un visage positif aux préceptes de ce courant religieux, le féminisme musulman a un essor naturel car il restitue ces femmes dans l’acceptation d’une société séparée. Si elles l’acceptent, elles en sont fières et la défendent. Elles sont les petites mains d’une déculturation progressive et nécessaire à la réalisation des aspirations impérialistes de l’islamisme, un islamisme qui a de plus en plus besoin de place.  

Cette défense oblige les autres militantismes à s’aligner sur ces revendications, pour éviter d’aller contre la volonté des femmes musulmanes, qui sont ici censées être représentées dans leur ensemble, comme un bloc monolithique.

Ainsi, une minorité non seulement confisque la parole, mais intime le silence et l’immobilisme. On se demandera comment quelque chose que l’homme oriental aura imposé aux femmes pour se garantir un quota de vierges dans la société ou faire valoir sa virilité par l'oppression de sa ou ses épouses, ses sœurs et toutes les femmes de sa famille qui concentreraient son « honneur », pourrait jamais être présenté comme émancipateur pour les femmes autrement que par des escrocs.

Qui si ce n’est des escrocs vendraient le séparatisme culturel et la coexistence comme solutions d’apaisement quand ils finissent, dans le silence qu’ils instaurent, de détruire notre contrat social, notre base de valeurs communes ?

Silence, on voile

Qui si ce n’est un escroc prétextera la vertu, la pudeur, la chasteté et la volonté de ne pas tenter ni être tenté par des petites filles pour les voiler ? Le voilement des petites filles entraîne leur sexualisation. Si ce n’est pas l’escroquerie, c’est de l’ignorance qui pousse à cacher une tentation qui n’existe pas encore, sauf à sexualiser les petites filles.
Asif Arif, avocat dont le livre « Maîtriser la laïcité » est préfacé par le président de l’Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco, a reçu dans l’un de ces podcasts, des prédicateurs expliquant qu’il faut mettre le voile à des enfants dès le jeune âge, pour les habituer à le porter plus tard et éviter une rébellion à l’adolescence. Cette pratique s’appelle de l’endoctrinement et du lavage de cerveau.
Donner de l’emphase au discours néoislamiste en faisant la publicité du voile participe à cet endoctrinement, non seulement vis à vis des jeunes, mais aussi en faisant en sorte que des adultes soient de moins en moins choqués que l’on invisibilise des petites filles en leur faisant porter le jilbeb qui les couvre jusqu’aux chevilles pour sortir dans la rue, aller et revenir de l’école, etc.  
C’est le résultat à craindre si le voile passe pour un accessoire de mode stylé dans des émissions aussi populaires et familiales que The Voice.

En serait-il de même pour des fillettes issues de familles protestantes ou catholiques conservatrices ? Elles auraient au moins la possibilité de décider d’adhérer à ce discours en découvrant qu’il y a d’autres modes de vie, et en prenant leur décision à l’âge adulte. Les médias et la société ne les renvoient pas en permanence à une image prédéterminée de la femme catholique ou protestante en s’essayant maladroitement à la “représentativité”.

Le plus grave, c’est qu’au nom d’une vision particulière de la tolérance et des droits des femmes, on en arrive à accentuer une pression religieuse et sociétale sur certaines filles, qui n’auront jamais autant de chances que d’autres de se déterminer, de penser par elles-mêmes. Ces fillettes françaises à qui l’on n’assure pas les mêmes droits fondamentaux que les autres au nom de la religion de leurs parents ou d’un héritage communautaire, nous les trahissons jour après jour et trahissons tout autant les garçons qui apprennent à visualiser concrètement la vertu et l’impudeur, plutôt qu’à développer la notion du consentement et de l’égalité.

Choix de porter le voile ou "corps des femmes à disposition" : une déclaration de Rokhaya Diallo fait moins de bruit que celle de Fatiha Boudjahlat qui s'en offusque

Invitée de l'émission Grand bien vous fasse d'Ali Rebeihi sur France Inter pour parler de cheveux et de choix capillaires, l'activiste Rokhaya Diallo a eu une surprenante réflexion sur le port du voile islamique : "Aujourd'hui on a des femmes qui pour des raisons religieuses choisissent de masquer leurs cheveux et on remarque que cela irrite, comme si le corps des femmes devait toujours être à disposition."


                                  


"Comme si le corps des femmes devait toujours être à disposition," qu'est-ce que cela induit pour celles qui font le choix de ne pas masquer leurs cheveux ?
Dans quel contexte le corps des femmes passe-t-il d'être à disposition à ne plus l'être, grâce au voile ? A-t-on déjà entendu dire de telles choses d'un homme qui serait "dévoilé" ?

Rokhaya Diallo rejoint ici les arguments sexistes, inquiétants voire légitimant les agressions sexuelles et le viol des femmes non voilées qui reviennent régulièrement lorsque l'on prête l'oreille.

Lors du Lallab day, événement organisé début février 2018 par l'association féministe musulmane Lallab, Nacira Guenif Soualimas a une fois de plus démontré à quel point le féminisme pour musulmanes ambitionne de se faire le porte-voix féminin du discours sexiste produit par les imams et les penseurs masculins d'un islam politique : "Pourquoi faut-il plus sauver les femmes du port du voile que les hommes de la circoncision ? Car on cherche à s'approprier le corps des femmes. La logique ? Rendre les femmes voilées comme les autres : disponibles à la prédation."




Cela rappellera la diatribe de l'imam Houdeyfa, de la mosquée Sunna de Brest, dans l'une de ses nombreuses vidéos consultables sur Youtube :  
"Comment une femme peut dire “moi je suis une femme avec beaucoup de pudeur” alors qu’elle sort de chez elle sans son hijab. Le hijab c’est la pudeur de la femme et sans pudeur la femme n’a pas d’honneur. Et si la femme sort sans honneur, ici qu’elle ne s’étonne pas que les gens, que les frères [musulmans, NDLR], que les hommes – que ça soit des musulmans ou des non-musulmans – abusent de cette femme là. Et la néglige, et l’utilise comme un objet."

Cet imam est désormais à même d'intervenir en tant que référent laïcité, grâce au diplôme universitaire qu'il a obtenu le 19 décembre 2017,  "religion, droit et vie sociale", délivré par l'université de droit à Rennes 1 à l'issue de 125 heures de cours.
D'après Brigitte Feuillet-Liger, professeure à la Faculté de droit, citée dans l'Express, l'objectif de ce diplôme est "d'assurer une formation civique et citoyenne, notamment pour former des référents laïcité dans divers domaines de la vie professionnelle ou associative".

"Les cours portent notamment sur le rapport entre les religions et l’État de droit, les règles de la laïcité, la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, la liberté de religion, l’histoire religieuse de la France, la sociologie religieuse..."


Après des années de discours grand public assimilant le hijab à un simple accessoire comparable à la jupe pour endormir les non musulmans, il est possible de se rendre compte que la phrase choquante de Hani Ramadan lors d'une conférence en Suisse en 2016 n'est en réalité qu'un rétablissement du voile islamique dans ce qui s'est toujours dit loin des oreilles profanes : son rôle est de servir de frontière entre les femmes de vertu et celles qui n'ont pas d'honneur.

"La femme sans voile est comme une pièce de 2 euros, visible pour tous elle passe d’une main à l’autre" expliquait Hani Ramadan, frère du professeur Tariq Ramadan, et dont le grand-père est le fondateur des Frères Musulmans. 
Capture d'écran Youtube d'une vidéo d'Hani Ramadan
En 2015, le Parti des Indigènes de la République réaffirmait le "message clair" envoyé par le voile : "nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche". Le problème ici n'est pas la consommation mais la couleur du consommateur. 


Les personnes que tous ces propos ont laissé sans réaction, telle Océane Rose Marie, proche de Rokhaya Diallo et des Indigènes de la République, ou encore l'historienne militante Laurence de Cock, ont été extrêmement choquées au point de lancer un début de polémique suite à la la réponse sarcastique apportée par Fatiha Boudjahlat, au moyen d'une démonstration par l'absurde qui manque de finesse dans sa forme mais pas de justesse sur le fond.




Le fond, on l'aura compris, n'intéresse pas, ou plutôt il leur faut tout faire pour qu'il n'intéresse pas pour que l'on ne se rende pas compte de la logique qui découle de la déclaration de Rokhaya Diallo. Plus facile donc, de faire du bruit sur la forme et de détourner l'attention, faute de pouvoir proposer des arguments. Sur un réseau social, ou l'ironie passe rarement sans se fendre de quelques smileys, un début de polémique a émergé concernant la réponse de Fatiha Agag-Boudjahlat. 

Fatiha Agag-Boudjahlat, professeur au collège, a publié aux éditions du Cerf Le grand détournement, où elle démontre comment les principes universels et les moyens républicains sont détournés par les communautaristes. En difficulté pour user de l'argument le plus souvent massue, celui du racisme ou du colonialisme, pour répondre à ses démonstrations précises des techniques employées par les chantres du repli identitaire et leurs agents facilitateurs dans les médias, toute une équipe s'est jetée sur l'occasion de remettre en doute son intégrité, à défaut de pouvoir apporter des éléments rhétoriques. 
De la militante Widad Kefti qui officie désormais chez AJ+ la version pop d'Al Jazeera, Assia Benziane adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois en charge de l'égalité et des droits des femmes à Madjid Messaoudène (élu Front de Gauche de la mairie de Saint-Denis délégué à l'Égalité femme/homme, la lutte contre les discriminations, l'égalité des droits, et les services publicsen passant par Sihame Assbague il y eut une indignation toute sélective face à celle qui selon cette dernière "est régulièrement invitée sur les plateaux TV pour diffamer et cracher sa haine contre les musulmans et les milieux antiracistes." 

Cette indignation théâtrale, notamment de Madjid Messaoudène, qui se moquait récemment de l'une des victimes présumées de Tariq Ramadan, dont la plainte pour viol est en cours d'instruction, montre que la communication à période de consommation courte aide grandement à retrouver de la crédibilité sur des sujets, aussi sérieux soient-ils.

Les féministes habituellement en vue, toujours à l'affût d'un terme ou d'une blague pour en souligner le sexisme, ont cette fois encore été totalement absentes. 
Tous les beaux discours égalitaires s'arrêtent au point d'intersectionnalité des luttes pour céder le passage aux idées de ceux qui se sont proclamés porte-parole des concernés, laissant la couleur et la religion définir la citoyenneté.

Laurence Marchand-Taillade, présidente de l'Observatoire de Laïcité du Val d'Oise et de Forces Laïques, fut l'une des seules à relever, en s'indignant dans un tweet adressé à Rokhaya Diallo : "d'accord avec l'imam de Brest qui prétend qu'une femme qui sort sans voile sort sans honneur ? C'est bien ça ? La non voilée est bien "à disposition" ?".


De nombreuses femmes ont elles aussi réagi à cette étonnante normalisation d'un tissu pour séparer les honorables femmes de celles qui sont à disposition.
Les réseaux sociaux leur ont permis de s'exprimer, une parole qui reste hélas sans relais médiatique, car il est plus commode de continuer à reconduire quelques personnalités dans leur fonction autoproclamée de féministe communautaire.



mardi 20 février 2018

Manifeste des Sœurs Muses pour le correct, et non le politiquement correct

S'inspirer et inspirer sans être otage des extrêmes : l'objectif des Sœurs Muses
Les Soeurs Muses constituent un collectif d’anonymes souhaitant faire renaître un espace de débat sain, de débat d’idées, loin des combats des égos et des extrêmes politiques et religieux et avec pour seul fil conducteur, l'universalisme. 
Un collectif avec une seule voix portant celles de plusieurs qui refusent les étiquettes que l’on catapulte par association ou instrumentalisation de propos et qui refusent le chantage à l’extrême droite ou à l'islamo-gauchisme.

Un mouvement d’anonymes non par peur ou par lâcheté mais par refus d’être écrasé et réduit au silence par les scélérats de la toile, ces trolls et les bien-pensants qui monopolisent la scène médiatique et les réseaux sociaux.Un mouvement qui est solidaire des revendications légitimes des minorités dans le rejet de l’idée selon laquelle le progrès  ne peut se faire sans dommages collatéraux, c’est bien cela l'universalisme.

Mais un mouvement qui n’accepte pas qu’au nom de la justice sociale on tourne le dos au progrès ni que l’on cautionne la régression que représente ces revendications lorsqu’elles ont une vocation séparatiste, sectariste et nihiliste.
La cohérence, contrairement à la bien-pensance, exige que l’on ne puisse avaliser qu’avancer revienne à substituer des inégalités à d’autres comme les néo-racialistes ou pseudo-féministes et sympathisants le suggèrent.
Penser la lutte anti-raciste comme une vengeance des personnes dites “racisées” sur l’Homme dit “blanc”, concevoir la lutte féministe à travers la misandrie ou la couleur de celui ou celle qui en est, travestir la lutte pour les droits fondamentaux et pour les libertés individuelles en revendiquant le droit d’y renoncer au nom de la liberté…
sont une tartufferie et une négation des réalisations de nos civilisations auxquelles nous ne devons jamais céder.

Quand le politiquement correct fait triompher les idéologies régressives
L’hypocrisie et le maquillage marketing déguisent la contrainte en liberté, le puritanisme en emancipation, le paternalisme raciste en de la bienveillance. 
C’est ainsi que des feu féministes défendent la soumission volontaire à la servitude de femmes musulmanes alors qu’elles luttaient et luttent encore contre l’emprise des Églises sur le corps et l’esprit des femmes chrétiennes, c'est ainsi que la ségrégation n'est portée aux nues par des antiracistes que lorsqu'elle concerne la couleur blanche, c'est ainsi que l'on ira jusqu'à appeler à la non-dénonciation d'un violeur "racisé" lorsque sa victime est "racisée"par solidarité et loyauté communautaire et enfin c'est ainsi que les intellectuels militant sans concession contre les idéologies fascistes feront le service après-vente de l’islamisme.

Les quelques voix qui essaient de s’élever contre cette étrange machine à détourner les principes trouvent peu de relais dans les médias qui font habituellement l’écho des questions de société : c’est tout un mode de lecture et de fonctionnement qui est remis en cause dès que l’on ose traiter les minorités comme des individus libres et compétents et non plus des pupilles à secourir ou à rejeter, selon les extrêmes.
Les moyens et principes républicains ne cessent d’être détournés par les alliés de l’islamisme, y compris par d’habiles pratiques de poursuites en diffamation, de lacher de trolls et intimidations, qui n’aboutissent pas, encore et heureusement, mais ont au moins l’efficacité d’épuiser la cible ou à la faire taire pour une durée indéterminée.

Nous souhaitons participer à un élan, joindre nos voix à celles de ceux qui sont pris en otage comme nous, entre fachos de droite, hypocrites, opportunistes, arrivistes, islamo-gauchistes et fascistes islamistes.
Nous souhaitons échapper au mutisme imposé par la stratégie d’écrasement du débat. 

De par notre anonymat, nous souhaitons aussi donner toute la place que la raison mérite d'avoir dans toute lutte humaniste. Par conséquent, nous considérons que couleurs, orientations sexuelles, sensibilités politiques et religieuses, accointances  ou encore catégories socio-professionnelles sont des informations qui ne donnent pas plus ou moins de légitimité à mener une lutte ; qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'universalisme.

Universalisme pour confronter des idées, et même demander à ce que leurs auteurs expliquent des prises de positions trouvées douteuses, préserver le droit de réponse. 

La fraternité implique de ne plus laisser éroder nos piliers, cette base de valeurs communes dont les bords s'effritent, ceux de la liberté, l'égalité, la laïcité et la démocratie sans attributs pour toutes et tous. 


Carton rouge à la police de la pensée
Le monde libre et merveilleux de Twitter, qui est un réseau social où l’on peut partager ses idées, que ce soit pour diffuser son amour des lol cats ou pour couper des cheveux en quatre, est de plus en plus régenté par une police de la pensée qui ne s’accorde aucune limite, car elle agit au nom du bien. 
Quand un membre dérange par son opinion jugée non conforme, il n’y a aucune raison de faire montre de clémence, les règles du réseau social sont débordées au profit d’un tribunal du bien dont la sentence s’exécute par le harcèlement, les faux signalements en masse pour faire suspendre le compte, l’usurpation de compte, la création d’entités parodiques pour créer la confusion et décourager la personne visée, la divulgation d’informations personnelles, de photos de ses enfants, etc. 






Les utilisateurs ciblés sont loin de tenir des propos qui tombent sous le coup de la loi, ou même de promouvoir la haine en essayant de garder de la subtilité pour éviter d’enfreindre les règles d’utilisation de Twitter. Leur tort, c’est d’avoir un discours nuancé qui n’entretient pas des visions stéréotypées des rapports humains ou des comportements. Pour certains, ce discours sans excès idéologique est inacceptable, il faut choisir son camp ! 
Critiquer la parole d'une personne issue d’une minorité devient synonyme de critiquer la minorité, être raciste. Évoquer des dérives d'ordre religieux ou néo-racialiste est assimilé à ‘’phobe’’ que l’on accole au gré de son humeur et au mépris de la langue, ne pas souscrire à une politique de stigmatisation religieuse devient équivalent de “collaborer avec des terroristes”, et se mobiliser pour influencer s’apparente ni plus ni moins à supprimer les autres paroles. 

Un débat de société sous le joug d'influenceurs, bien au-delà des échanges en ligne
Pourquoi ne pas quitter les réseaux sociaux pour ne plus rencontrer ce phénomène ? Tout simplement parce qu’ils ne sont qu’un bocal à forte résonance, un échantillon de ce qui se passe aussi actuellement. Nous voyons de plus en plus la soif de justice, bien légitime, se mettre au service d’une vision narcissique des droits : ce qui compte pour moi est fondamental, donc c’est un droit, si tu n’es pas d’accord c’est que tu n’es pas dans le camp du bien. Donc tu mérites que j’use de tous les moyens pour te faire taire. Et c’est pour ça que dans la vie comme sur les réseaux sociaux, masquer, ne plus suivre ou bloquer ne suffisent plus pour certains : la prétendue justice n’est rendue que lorsque le silence est obtenu.

Le motif de désaccord peut passer au second plan et le simple fait de rappeler un point juridique ou constitutionnel peut représenter une offense, signifiant bien que l’arbitrage des lois est caduque pour beaucoup de gens.
Or, l’universalisme appliqué à la loi garantit l’égalité de traitement pour tous selon un référentiel commun, quand le relativisme serait le règne de l'arbitraire. 
L’égalité recule, c’est donc la République qui recule avec l’érosion des principes sur lesquels elle a été fondée. 

En paraphrasant Voltaire, nous souhaitons ouvrir de nouveau les portes du jardin, et vous invitons à contribuer à le cultiver avec les Sœurs Muses.